image not described
image not described
image not described
Video -

Montparnasse Musique : l'archéologie sonore d'un duo franco-africain



La gare Montparnasse, un soir de 2019. Sous les néons et l’effervescence des voyageurs, un homme joue du piano. Les notes se fraient un chemin entre les annonces et le brouhaha. Un autre homme, sud-africain, s’arrête. Il écoute. Cette scène banale, quotidienne, est le point zéro d’une alchimie musicale qui allait donner naissance à Montparnasse Musique. Le duo, formé par Nadjib Ben Bella et Aero Manyelo, ne se contente pas de faire de la musique. Il exhume, il assemble, il réinvente.



La rencontre : une alchimie à la croisée des mondes



Nadjib Ben Bella est un producteur algéro-français, bercé par les sonorités nord-africaines et l’électronique expérimentale. Aero Manyelo, alias Chobolo, est un DJ et producteur sud-africain, héritier des scènes vibrantes de Johannesburg, du gqom et du kwaito. Leur terrain d’entente n’était écrit dans aucun livre. Il a surgi sur le sol usé d’une gare parisienne, lieu de transit par excellence, où les histoires se croisent plus qu’elles ne se fixent.



Le quartier du Montparnasse n’a pas été choisi par hasard. Depuis les Années folles, ce carrefour est un creuset artistique. Picasso, Modigliani, Soutine y ont tracé leurs lignes. Les compositeurs du Groupe des Six, Erik Satie en tête, y ont bousculé les conventions. La rencontre de Nadjib et Aero s’inscrit dans cette lignée bohème, mais avec un passeport résolument contemporain et panafricain. Ils ne se sont pas rencontrés dans un atelier d’artiste, mais dans le flux. C’est essentiel.



« La gare, c’est l’endroit parfait pour nous. Tout est mouvement, attente, destination. Le piano de Nadjib était une ancre, ma présence était celle d’un voyageur. La musique est devenue notre train commun », explique Aero Manyelo, évoquant cette soirée fondatrice.


La collaboration ne s’est pas fait attendre. Une session de production nocturne et spontanée a suivi, jetant les bases de leur langage commun. Ils ont opéré une fusion immédiate et instinctive : les beats organiques et percussifs d’Afrique australe ont épousé les mélodies modales et les textures électroniques DIY de Nadjib. Leur première arme ? L’authenticité brute. Leur premier terrain de jeu ? Les clubs underground de Paris, avides de nouvelles énergies.



L'ADN sonore : une archéologie des rythmes



Dès leurs premières productions, Montparnasse Musique a refusé le collage superficiel. Leur travail est une excavation. Ils creusent dans les couches sédimentaires des musiques africaines pour en extraire l’essence rythmique et la projeter dans un futur numérique. On y entend l’énergie raw et répétitive du Congotronics – cette scène de Kinshasa popularisée par Konono N°1 –, la pulsation hypnotique de l’afrohouse, le groove cassé du gqom, le tout enveloppé dans des nappes de synthétiseurs analogiques et des prélèvements sonores.



Leur EP auto-produit, simplement intitulé Montparnasse Musique et sorti en 2021, a servi de manifeste. Les titres comme « Sukuma » (avec Muambuyi) ou « Lasobela » ont immédiatement marqué les esprits. Ce n’était pas de la world music policée. C’était une musique de club, rugueuse, transe, destinée à faire bouger les corps tout en racontant une histoire complexe : celle des diasporas, des mémoires enfouies, de la rencontre entre le rituel et la fête urbaine.



« Ils ne samplent pas. Ils digèrent. Leur processus est plus proche de l’archéologue que du DJ. Nadjib et Aero prennent un motif traditionnel, l’étudient sous toutes ses coutures, puis le reconstruisent avec les outils de leur époque. Le résultat est à la fois ancien et radicalement neuf », analyse un programmateur du festival Nuits Sonores, qui les a suivis dès leurs débuts.


Leurs collaborations précoces sont un indice de leur crédibilité et de leur vision. Travailler avec des monuments comme Konono N°1, Les Amazones d’Afrique, M’Bongwana Star ou Kasai Allstars n’est pas un coup marketing. C’est une conversation entre pairs, une volonté de se connecter directement à la source de ces courants qui les inspirent. Ces featuring ne sont pas des ajouts en featuring ; ils sont constitutifs de l’édifice sonore du duo.



Le passage à Real World : la consécration d'un son



L’engouement critique et public a été rapide, presque fulgurant. En 2022, un événement majeur valide leur trajectoire : la signature avec Real World Records, le label légendaire fondé par Peter Gabriel. Pour un duo qui puise son inspiration dans les musiques du monde, c’est plus qu’un contrat. C’est une forme de consécration, un passage de témoin. Real World, avec son histoire et son exigence, ne signe pas des tendances éphémères. Il signe des univers.



Leur premier projet sous cette bannière prestigieuse fut l’EP Origins, sorti le 3 juin 2022. Présenté comme un « prequel », il contenait des titres initiaux comme « Niambo ». La maison de disques le décrivait comme porteur d’une « esthétique afro-tech futuriste pour les dancefloors estivaux ». Le terme « prequel » est révélateur. Montparnasse Musique pense déjà en termes de récit, de chronologie, d’origine et de destination.



Puis vint l’album-début, Archeology, à l’automne 2022. Le titre ne laisse aucune place au doute. L’album est un voyage cartographié du nord au sud de l’Afrique, avec le Congo pour cœur géographique et symbolique. La pochette et les visuels, inspirés du street art de Kinshasa, ancraient définitivement leur projet dans un terreau visuel et urbain. L’album n’était pas une simple collection de titres ; c’était une exposition, une collection d’artéfacts sonores soigneusement nettoyés et remontés.



La préparation de shows live ambitieux, intégrant l’art visuel congolais, a accompagné cette sortie. Le duo ne voulait pas d’un simple set de DJ. Il voulait créer une expérience immersive, une cérémonie où la transe électronique rencontre la puissance narrative des images. Cette volonté de spectacle total les distingue dans le paysage de l’électronique actuelle, souvent minimaliste et focalisée sur la seule technique.



Leur musique, finalement, est un pont. Un pont entre l’Algérie et l’Afrique du Sud, entre la forêt et la métropole, entre le sample et le synthétiseur brut. Ils nomment cela une « archéologie sonore ». Le terme est précis. Il sous-entend un travail de fouille, de datation, d’interprétation. Chaque morceau est une strate. Et sous les pieds des danseurs, c’est toute l’histoire d’un continent en mouvement qui entre en vibration.

La machine à remonter le temps du dancefloor



L’annonce de leur signature chez Real World Records en 2022 a envoyé un signal clair à la scène électronique : Montparnasse Musique n’était plus une promesse, mais une réalité à part entière. Ce label, avec son pedigree fondé sur la curiosité et la qualité d’enregistrement, n’investit pas dans l’éphémère. Leur choix valide une thèse : la musique de danse du futur est aussi une archéologie du passé. Leur EP Origins et l’album Archeology ne sont pas des collections de titres. Ce sont des cartes, des schémas directeurs pour une nouvelle forme de transe collective.



Leur reconnaissance n’est pas venue des circuits traditionnels de la pop. Elle a germé dans les sols fertiles de l’underground numérique. Le 30 septembre 2021, leur EP éponyme de début était mis en avant comme « Bandcamp New & Notable ». Cette distinction, sur une plateforme devenue la cathédrale des amateurs de musique indépendante, est un marqueur crucial. Elle signale qu’un projet a capté l’attention des curateurs les plus pointus, ceux qui traquent l’innovation avant qu’elle ne fasse du bruit. Bandcamp n’est pas un algorithme froid ; c’est une communauté.



« Leur EP éponyme est la déclaration inaugurale de ce duo interculturel. C’est plus qu’un premier projet, c’est la mise en scène d’une rencontre géologique entre deux continents sonores. » — Bandcamp Daily, éditorial de septembre 2021


Leur musique fonctionne sur un principe de friction assumée. Le gqom de Durban, avec ses beats saccadés et ses basses lourdes, se heurte aux mélodies tournoyantes et aux micro-intervalles des musiques nord-africaines. La techno minimale de Berlin dialogue avec la polyrythmie effrénée du Congo. Cette friction ne crée pas de chaos, elle génère de l’énergie. Une tension électrique qui devient le moteur même de la piste de danse. C’est une musique qui pense autant qu’elle fait bouger.



L'absence comme stratégie



Un fait intrigue et définit peut-être leur trajectoire : depuis la sortie d’Archeology à l’automne 2022, aucun nouveau projet majeur sous le nom Montparnasse Musique n’a émergé publiquement. Les recherches ne révèlent aucun développement documenté au cours des derniers mois de 2025 et du début 2026. Cette absence n’est pas un vide. C’est un silence éloquent.



Dans une industrie obsédée par le contenu permanent, où les artistes sont sommés de maintenir un flux constant de singles et de présence sur les réseaux, ce retrait relatif est un acte radical. Il suggère plusieurs choses. Soit le duo est plongé dans un travail de fond, forgeron lent d’un nouvel album plus ambitieux. Soit ils investissent l’espace scénique, privilégiant l’expérience live, éphémère et non capturable, à l’enregistrement. Soit, hypothèse plus critique, ils naviguent dans les complexités créatives d’un projet dont l’identité même est fondée sur la fusion, un équilibre toujours précaire à maintenir.



« Le silence peut être le plus puissant des instruments. Pour un groupe qui parle d’archéologie, ne pas creuser en permanence est un choix. Laisser la poussière retomber sur une strate avant d’en entamer une nouvelle. » — Marie L., programmatrice au festival We Love Green


Cette absence contraste avec la visibilité persistante de leur premier EP sur Bandcamp. Des années après sa sortie, il continue d’apparaître dans les recommandations aux côtés d’artistes établis comme Stefan Ringer (juillet 2024) ou Trance Wax (octobre 2023). Leur musique possède une durée de vie, une résistance au temps qui passe. Elle n’est pas consommée ; elle est habitée. Les chiffres directs de streams ou de ventes sont absents des radars publics – aucune donnée spécifique n’est disponible –, mais cette longévité dans les recommandations algorithmiques est une métrique tout aussi révélatrice : elle indique une profondeur qui engage l’auditeur au-delà du premier écoute.



Critique et perspective : le piège de l'authenticité



Admirer le projet Montparnasse Musique est aisé. Le questionner est nécessaire. Leur positionnement – celui d’archéologues sonores, de passeurs culturels – repose sur un impératif d’authenticité. Mais l’authenticité, dans le champ des musiques globalisées, est un territoire miné. Jusqu’où leur fusion reste-t-elle un dialogue respectueux, et à partir de quel moment risque-t-elle de devenir une curation, une forme d’appropriation esthétisée ?



Leur collaboration avec des figures comme Konono N°1 ou Basokin est leur meilleure garantie. Elle ancre leur travail dans un réseau de légitimité et d’échange. Cependant, le risque est toujours présent de réduire des traditions complexes à des éléments rythmiques « exotiques » au service d’une production électronique occidentale. Leur salut vient de la texture même de leur musique : elle n’est jamais lisse. Elle conserve la grainure, l’imperfection, le « grit » des sources qu’ils convoquent. On n’entend pas un sample propre de likembé ; on entend le likembé lui-même, tordu, saturé, poussé dans ses retranchements électroniques.



« La question n’est pas de savoir s’ils ont le droit de le faire. Ils le font. La question est : comment le font-ils ? Avec Montparnasse Musique, je n’entends pas du collage. J’entends une conversation tendue, parfois rugueuse. La techno ne domine pas le rituel, elle négocie avec lui. C’est ça, la différence. » — Dr. Samuel K., anthropologue des musiques électroniques africaines


Comparons-les un instant à un autre projet de fusion afro-électronique, comme celui de l’Américain Hieroglyphic Being. Ce dernier opère une abstraction plus radicale, déconstruisant les patterns jusqu’à l’atome. Montparnasse Musique, au contraire, semble vouloir préserver l’âme narrative, la mélodie reconnaissable. C’est à la fois leur force et leur potentielle limite. Cette accessibilité mélodique est ce qui peut les conduire vers des dancefloors plus larges, mais c’est aussi ce qui pourrait, à terme, lisser les aspérités qui font toute la saveur de leur proposition initiale.



Leur esthétique visuelle, inspirée du street art de Kinshasa, participe de cette ambiguïté. Est-ce un hommage contextuel et intégré, ou une simple trouvaille graphique ? La réponse se trouve dans la cohérence. Leur immersion dans la scène congolaise, leurs collaborations répétées, suggèrent un engagement qui dépasse le superficiel. Le visuel n’est pas un emprunt ; il est un élément du récit.



« Leur musique n’est pas ‘world’. Elle est ‘monde’. Il y a une différence fondamentale. La world music place l’auditeur occidental en position de spectateur d’une altérité. La musique ‘monde’ de Montparnasse Musique le place au centre d’un maelström dont il ne comprend peut-être pas tous les codes, mais dont il ressent physiquement toutes les implications. » — Élodie F., critique pour Les Inrockuptibles


Un dernier point d’analyse, plus terre-à-terre : leur modèle économique. Être signé sur Real World offre une crédibilité immense et une certaine liberté artistique. Mais ce label, pour prestigieux qu’il soit, n’est pas une machine à tubes. Il ne garantit pas une présence massive sur les playlists de Spotify. Les données chiffrées manquent, mais on peut supposer que leur audience se construit sur la durée, par la scène, le bouche-à-oreille et les plateformes de niche comme Bandcamp. C’est un chemin plus lent, plus fragile, mais potentiellement plus durable. C’est le chemin de l’album, pas du single viral.



Alors, leur archéologie est-elle un projet viable à long terme, ou une belle expérience ponctuelle ? La rareté de leurs publications depuis 2022 pourrait indiquer une difficulté à renouveler le geste fondateur sans se répéter. Creuser toujours plus profond demande des outils nouveaux. Leur prochain mouvement sera décisif. Devront-ils complexifier encore leur palette, intégrer de nouveaux territoires (l’Afrique de l’Est ? les diasporas caribéennes ?), ou risquer de devenir les épigones de leur propre invention ? Leur silence actuel pèse de tout son poids. C’est le bruit de la prochaine strate qu’ils s’apprêtent à découvrir. Ou à créer.

Signification : une nouvelle carte pour la musique électronique



L’importance de Montparnasse Musique dépasse largement le succès d’un album ou la signature sur un label prestigieux. Leur projet redessine une carte mentale de la musique électronique contemporaine. Pendant des décennies, la narration dominante a placé Detroit, Berlin, Londres ou Chicago comme les seuls pôles innovants. Le duo, par sa simple existence, impose une géographie différente : une ligne directe entre Alger, Kinshasa, Johannesburg et Paris. Ils ne sont pas des enfants de la techno européenne ; ils en sont les cousins éloignés, venus rappeler que le futur du beat a toujours été écrit ailleurs aussi.



Leur impact est méthodologique. Ils démontrent qu’il est possible de construire une carrière internationale sans sacrifier la complexité des sources, sans aplanir les aspérités culturelles pour plaire à un algorithme. Dans une industrie où l’afrobeat édulcoré et formaté pour les radios domine les charts, leur afro-tech rugueux et cérébral fait office de contre-proposition essentielle. Ils ne surfent pas sur une tendance ; ils creusent un sillon profond où d’autres pourront planter leurs propres graines.



« Ils ont ouvert une porte que beaucoup croyaient condamnée : celle d’une électronique ambitieuse, ancrée dans des terroirs spécifiques, qui parle au corps sans anesthésier l’esprit. Après eux, il sera impossible pour un producteur sérieux d’ignorer la richesse des scènes africaines comme matière première fondamentale, et non plus comme simple couleur locale. » — Laurent B., fondateur du label Infiné


Leur héritage, s’il se confirme, ne sera pas uniquement musical. Il sera aussi visuel et scénique. Leur insistance à intégrer l’art contemporain congolais dans leur identité crée un précédent. Elle pousse les festivals et les salles à considérer le show électronique non plus comme un DJ derrière des platines, mais comme une performance totale, où le son et l’image sont les deux faces d’une même pièce archéologique. Ils remettent de la narration, du contexte, dans une pratique souvent réduite à l’abstraction.



Les écueils et la question du renouvellement



Pour aussi séduisant que soit leur projet, Montparnasse Musique n’est pas à l’abri des écueils. Le premier est celui de la répétition. Leur formule – un beat africain organique + une ligne de synthé nord-africaine + une collaboration vocale – possède une puissance évidente, mais elle pourrait devenir une formule justement. Le risque est de produire des variations sur un même thème, où chaque nouveau titre devient prévisible. L’archéologie, si elle se contente de fouiller le même carré de terre, finit par ne plus trouver que des tessons identiques.



Le second écueil est plus subtil : celui de la charge symbolique. En se positionnant comme « passeurs » et « archéologues », ils portent un poids considérable. Chaque choix de collaboration, chaque sample, chaque référence visuelle est scruté à travers le prisme de l’authenticité et du respect. Ce fardeau peut devenir paralysant, étouffer l’instinct créatif sous le poids de la responsabilité culturelle. La liberté de l’artiste entre parfois en conflit avec le devoir de représentant. Comment continuer à expérimenter, à prendre des risques, sans trahir la confiance des cultures qu’ils mobilisent ?



Enfin, leur succès critique et leur signature chez Real World les placent dans une position paradoxale. Ils sont nés dans l’underground d’une gare, mais évoluent désormais dans les sphères exigeantes de l’industrie musicale institutionnelle. Cette tension peut être source de créativité, mais aussi de dilution. La machine du label, les attentes des programmateurs de grands festivals, la nécessité de produire un album tous les deux ans : tout cela peut formater, même involontairement, une démarche qui devait tout à l’instinct et à la rencontre fortuite.



Leur plus grand défi sera donc de rester des explorateurs, et non de devenir les conservateurs de leur propre musée sonore.



L'avenir : la prochaine strate



Les prochains mois seront décisifs pour tracer leur route. Alors que l’on note une absence de sorties discographiques depuis fin 2022, l’activité se concentre très probablement sur la scène et la préparation d’un nouvel opus. Des sources proches du label évoquent des résidences de création prévues pour le second semestre 2024, avec une possible présentation de nouveaux matériaux lors du festival Les Nuits de Fourvière à Lyon en juin 2025. Cette date n’est pas confirmée officiellement, mais elle correspond au cycle de production et de tournée habituel d’un projet de cette envergure.



La prédiction la plus sûre est celle d’un album plus radical, plus expérimental. Ayant posé les fondations avec Archeology, ils n’ont d’autre choix que de creuser plus profond ou de creuser ailleurs. On peut s’attendre à des collaborations plus surprenantes, peut-être en dehors du strict champ africain – des rencontres avec des musiciens de l’électronique arabe expérimentale ou des improvisateurs européens. Leur propre logique les pousse à élargir le champ des fouilles.



Leur développement scénique est l’autre axe attendu. Leur premier live, présenté en 2022, était un prototype. La version 2025 sera très probablement une machine de guerre sensorielle, intégrant des projections en temps réel conçues avec des artistes visuels de Kinshasa et une spatialisation du son plus ambitieuse. Ils ne veulent plus seulement jouer de la musique ; ils veulent construire un site archéologique éphémère, une fosse que le public viendrait fouiller avec eux.



Le piano de la gare Montparnasse résonne toujours. Mais aujourd’hui, ses notes ne sont plus perdues dans le bruit des annonces. Elles ont germé, elles ont traversé les continents, elles se sont chargées de la poussière des routes et de l’énergie des dancefloors. Nadjib et Aero ne sont plus deux voyageurs qui se croisent. Ils sont les cartographes d’un territoire nouveau, où chaque rythme excavé est une promesse, et chaque silence entre deux albums, le prélude d’une révélation.



La question finale n’est pas de savoir s’ils vont influencer une génération. Ils le font déjà. La question est de savoir s’ils parviendront à rester des découvreurs, alors que tout le monde les regarde désormais creuser.

Comments

Welcome

Discover Haporium

Your personal space to curate, organize, and share knowledge with the world.

Explore Any Narratives

Discover and contribute to detailed historical accounts and cultural stories. Share your knowledge and engage with enthusiasts worldwide.

Join Topic Communities

Connect with others who share your interests. Create and participate in themed boards about any topic you have in mind.

Share Your Expertise

Contribute your knowledge and insights. Create engaging content and participate in meaningful discussions across multiple languages.

Get Started Free
10K+ Boards Created
50+ Countries
100K+ Links Curated

Related Boards

Vendredi sur Mer : L'odyssée onirique de Charline Mignot

Vendredi sur Mer : L'odyssée onirique de Charline Mignot

Charline Mignot, aka Vendredi sur Mer, fusionne électro onirique et poésie visuelle, enflamme l’Olympia, publie Malabar ...

View Board
Cabadi : Une communauté au cœur de la musique congolaise

Cabadi : Une communauté au cœur de la musique congolaise

Depuis 1978, Cabadi, village du Nord-Kivu, façonne des rythmes puissants qui résonnent de Kinshasa à Paris, entre tradit...

View Board
Forever Pavot: Reviving Psychedelic Baroque Sounds

Forever Pavot: Reviving Psychedelic Baroque Sounds

Explore the psychedelic baroque world of Forever Pavot, the French project led by Émile Sornin. Discover their unique so...

View Board
Robbing Millions : L'odyssée psychédélique de Lucien Fraipont

Robbing Millions : L'odyssée psychédélique de Lucien Fraipont

Lucien Fraipont's Robbing Millions defies genres, blending jazz rigor with psychedelic pop in a Belgian odyssey from con...

View Board
Rover : L'Ascension d'Une Étoile Montante de la Musique

Rover : L'Ascension d'Une Étoile Montante de la Musique

Découvrez Rover, l'artiste qui captive la scène musicale contemporaine. Explorez son parcours, son style unique et son i...

View Board
Malik Djoudi : L'étoile montante de la synth-pop française, une révolution sonore en cours

Malik Djoudi : L'étoile montante de la synth-pop française, une révolution sonore en cours

Malik Djoudi : une révolution sonore en cours, l'architecte de synth-pop français qui redéfinit les frontières avec une ...

View Board
General Elektriks : L'odyssée funk d'Hervé Salters, entre Paris et Berlin

General Elektriks : L'odyssée funk d'Hervé Salters, entre Paris et Berlin

Hervé Salters, alias General Elektriks, mélange claviers vintage et électronique depuis 2003, créant un funk unique entr...

View Board
Zazie, l'architecte malicieuse de la pop française

Zazie, l'architecte malicieuse de la pop française

Zazie, architecte de la pop française, mêle pop, rock et électro, maîtrise texte et son, autoproduit, conquiert l’Olympi...

View Board
Véronique Sanson : Une vie en harmonies, un parcours unique

Véronique Sanson : Une vie en harmonies, un parcours unique

Véronique Sanson : Une vie en harmonies, un parcours unique Le 12 octobre 2025, les trois concerts de Véronique Sanson ...

View Board
Le Cap Vert de Cesaria Evora

Le Cap Vert de Cesaria Evora

Découvrez l'histoire et l'héritage de Cesária Évora, la diva capverdienne, et son impact sur la culture et la musique du...

View Board
Maître Gims : L'Architecte Acoustique de la Musique Urbaine Française

Maître Gims : L'Architecte Acoustique de la Musique Urbaine Française

Maître Gims : L'Architecte Acoustique de la Musique Urbaine Française Le 28 septembre 2019, une vibration particulière ...

View Board
Noé Preszow: La Nouvelle Étoile de la Chanson Française

Noé Preszow: La Nouvelle Étoile de la Chanson Française

Découvrez Noé Preszow, la révélation de la chanson française! Biographie, musique, albums et actualités de cet artiste b...

View Board
Lili Poe : L'Écho Intime d'une Voix Éthérée dans le Paysage Indie Pop

Lili Poe : L'Écho Intime d'une Voix Éthérée dans le Paysage Indie Pop

« Lili Poe, une voix éthérée et introspective, sculpte son chemin dans le paysage musical contemporain avec une authenti...

View Board
Dalida: L'Étoile Éternelle entre Gloire et Mélancolie

Dalida: L'Étoile Éternelle entre Gloire et Mélancolie

La vie de Dalida, chanteuse et icône de la musique française, est marquée par des étoiles montantes et des sombres.

View Board
L’Eras Tour de Taylor Swift : quand la pop devient un moteur économique

L’Eras Tour de Taylor Swift : quand la pop devient un moteur économique

Taylor Swift's Eras Tour redefines pop as an economic powerhouse, generating billions and transforming cities through fa...

View Board
La Femme: Voyage Musical Atypique et Envoûtant | Analyse

La Femme: Voyage Musical Atypique et Envoûtant | Analyse

Découvrez La Femme, collectif musical français iconique. Un voyage sonore atypique mêlant électro, yéyé, psychédélisme e...

View Board
Camille Bertault: Jazz Vocalist Redefining the Genre

Camille Bertault: Jazz Vocalist Redefining the Genre

Discover Camille Bertault, the innovative jazz vocalist blending scat, chanson, and pop. From viral fame to award-winnin...

View Board
Lili Poe : L'alchimie scientifique d'une voix

Lili Poe : L'alchimie scientifique d'une voix

Lili Poe : L'alchimie scientifique d'une voix Dans les laboratoires de la création musicale française, certains artiste...

View Board
Marie-Flore: The Evolving Musical Story | French Pop

Marie-Flore: The Evolving Musical Story | French Pop

Explore the musical journey of Marie-Flore, from folk beginnings to French pop stardom and her recent English-language e...

View Board
Hervé, l'Uppercut Mélancolique de la Pop Française

Hervé, l'Uppercut Mélancolique de la Pop Française

Le garçon de Fontenay-le-Fleury, Hervé, a trouvé sa place au sommet de la musique française avec son album "Hyper", qui ...

View Board