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La nuit tombe sur la rivière Thu Bon. Un silence relatif, troublé seulement par le clapotis de l'eau contre les sampans en bois, succède à la chaleur du jour. Puis, un à un, des milliers de lanternes de soie s'allument. Elles illuminent les façades ocre des maisons à colombages, se reflètent dans l'eau sombre, dessinant un tableau qui semble hors du temps. Ce rituel quotidien n'est pas une simple mise en scène pour touristes. C'est le battement de cœur de Hoi An, une ville qui, contre toute attente, a su négocier avec les siècles. Classée au patrimoine mondial de l'UNESCO en décembre 1999, elle n'est pas un musée figé, mais un organisme vivant, respirant au rythme de ses habitants et des marées de l'histoire.
Son histoire est celle d'un port oublié par la géographie, sauvé par la mémoire. Du XVe au XVIIIe siècle, Faifo, son nom d'antan, était une plaque tournante du commerce sur la route de la soie maritime. Les jonques chinoises, les navires japonais, les voiliers hollandais et portugais y déchargeaient de la soie, de la porcelaine, des épices. Puis le fleuve s'ensabla, Da Nang prit le relais, et Hoi An sombra dans un relatif oubli. Cet oubli fut son salut. Alors que le reste du pays se transformait, sa vieille ville, épargnée par les guerres et une urbanisation brutale, conservait intacte son plan en damier et ses trésors architecturaux. Aujourd'hui, alors que le Vietnam a accueilli près de 2,5 millions de visiteurs internationaux pour le seul mois de janvier 2026, Hoi An fait face à son nouveau défi : rester elle-même face à l'afflux du monde.
Marcher dans les ruelles piétonnes de Hoi An, c'est feuilleter un atlas architectural unique. Ici, aucune maison ne se ressemble tout à fait, et pourtant, une harmonie profonde émane de l'ensemble. Les toits de tuiles Yin et Yang, typiquement vietnamiens, coiffent des structures qui parlent un langage métissé. Les murs épais en brique et bois de fer, conçus pour résister aux moussons, arborent des façades d'un jaune moutarde ou d'un bleu pastel. Les balcons en bois sculpté de motifs de chrysanthèmes trahissent l'influence chinoise des guildes de marchands. Les toits de la pagode Phuc Kien, complexes et courbés, racontent les origines du Fujian. Et au milieu de tout cela, le Pont Japonais couvert, ou Chua Cau, construit vers le milieu du XVIe siècle. Plus qu'un simple pont, c'est un temple, un symbole, un talisman construit pour apaiser le monstre Namazu censé causer les séismes. Sa structure solide, son toit de tuiles moussues, ses statues de chien et de singe gardiens en font l'épicentre visuel et spirituel de la ville.
« Hoi An n'est pas une ville-musée où l'on met la vie sous cloche. C'est un écosystème culturel continu. L'inscription à l'UNESCO en 1999 a été un choc salutaire, imposant des règles de conservation très strictes. Mais le vrai génie a été de les appliquer sans tuer l'âme commerçante de la ville. Un atelier de tailleur peut occuper une maison du XVIIIe siècle, à condition de ne pas percer un nouveau mur. Cette symbiose est notre plus grande réussite », explique Mme Lan Nguyen, historienne de l'architecture à l'Université de Da Nang.
Les maisons d'assemblée, les hoi quan, sont les autres joyaux. Construites par les communautés d'immigrants chinois, elles servaient à la fois de lieux de culte, d'entraide et de réunion. La maison Tan Ky, ouverte aux visiteurs depuis 1965, est un manuel d'architecture et de symbolisme. Sa façade étroite cache une profondeur surprenante, une succession de cours intérieures et de pièces ventilées naturellement. Les poutres sont en bois de fer du Laos, les gravures sur les traverses mêlent idéogrammes chinois et motifs vietnamiens. Dans la troisième cour, un carrelage en céramique du XVIIe siècle, importé de Bat Trang, représente les vagues de l'océan. Les propriétaires, descendants de la même famille depuis sept générations, y vivent toujours. C'est ce détail qui change tout. L'odeur de l'encens, les photos d'ancêtres sur l'autel, le bruit de la vie quotidienne dans l'arrière-cour : Hoi An se visite avec les sens autant qu'avec les yeux.
Toute l'existence de Hoi An s'organise autour de la rivière Thu Bon. C'est elle qui a apporté la richesse, et c'est elle qui définit encore son rythme. Le marché central, un labyrinthe de saveurs et de couleurs, bat son plein dès l'aube sur ses berges. Les pêcheurs débarquent leurs prises, les femmes vendent des herbes aromatiques du village de Tra Que, des paniers tressés de Cam Thanh. L'après-midi, l'activité se déplace sur l'eau elle-même. Des centaines de bateaux-lanternes, simples coques de bois recouvertes de soie colorée, attendent les visiteurs pour une balade au crépuscule. Cette tradition, bien que devenue une attraction, puise ses racines dans une ancienne coutume de dépose de lanternes pour honorer les ancêtres.
« La rivière est notre mémoire liquide. Elle a vu arriver les marchands, elle a vu la ville décliner, et aujourd'hui, elle voit débarquer les touristes du monde entier. Mais elle impose ses lois. En septembre et octobre, elle sort de son lit et inonde les rues. Certains y voient une nuisance, mais pour nous, c'est un rappel. Un rappel que nous ne contrôlons pas tout, que la ville doit vivre avec la nature, pas contre elle. Ces inondations nettoient, renouvellent, et maintiennent un certain équilibre », témoigne M. Tran Van Minh, pêcheur à la retraite dont la famille vit à Hoi An depuis cinq générations.
Le soir venu, la rivière Hoai, bras de la Thu Bon, devient le théâtre d'un spectacle organique. Les lanternes électriques sont éteintes, remplacées par la lueur douce et tremblotante des lanternes traditionnelles. Les reflets dans l'eau se multiplient à l'infini. Des vendeuses proposent de déposer une petite lanterne en papier sur l'eau, une offrande pour un vœu. L'air est chargé du parfum des bougies et de la fumée des grillades des échoppes voisines. On est loin du faste clinquant des grands spectacles. C'est une magie simple, fragile, profondément humaine. C'est peut-être ce contraste, entre cette douceur nocturne ancestrale et la frénésie diurne du tourisme de masse, qui définit le mieux le paradoxe actuel de Hoi An. La ville sait-elle encore chuchoter, ou doit-elle désormais toujours crier pour se faire entendre ?
La reconnaissance de l'UNESCO, ce sceau d'or apposé en décembre 1999, a été un tournant à double tranchant. D'un côté, elle a sanctuarisé la vieille ville contre les assauts d'une urbanisation sauvage. De l'autre, elle en a fait une icône, un produit à consommer. Pour financer la conservation minutieuse qu'exige le statut, Hoi An a instauré un système de ticket d'entrée. Un passeport culturel qui donne accès à cinq sites parmi vingt-deux : une maison de marchand, une assemblée chinoise, un musée, un atelier artisanal, le pont japonais ou un temple. Ce modèle économique est une expérience en temps réel sur la valeur monétisée du patrimoine.
« Hoi An mérite son statut de site UNESCO car elle préserve son plan urbain originel, son architecture et ses traditions culturelles. La ville reflète des siècles d'échanges culturels. » — Analyse UNESCO, citée par Vietpower Travel.
Le système est ingénieux. Il répartit la pression touristique en guidant les flux. Il génère des revenus directs pour la restauration des maisons-tubes et la maintenance des toits de tuiles. Mais il crée aussi une frontière invisible entre les zones payantes, muséifiées, et le reste de la ville où la vie, avec ses commerces et ses habitations, palpite de manière moins contrôlée. On achète un ticket pour entrer dans l'Histoire, mais la vraie vie de Hoi An, elle, est gratuite et se déroule dans les ruelles adjacentes, dans les arrière-cours où sèche le linge, dans les cuisines des familles. Cette dichotomie est le cœur du débat contemporain : jusqu'où faut-il cadrer, organiser, tarifer l'authenticité ?
Le 9 février 2026, une page nouvelle s'est tournée, presque en silence. Le Centre de Conservation du Patrimoine Culturel Mondial de Hoi An a signé un partenariat avec la Vietnam Artificial Intelligence Joint Stock Company (AIAIVN). L'objet : intégrer l'intelligence artificielle générative (GenAI) dans l'expérience touristique. Des guides audio multilingues hyper-réalistes, générés par des réseaux antagonistes (GANs) et des synthèses vocales avancées, doivent voir le jour. L'objectif affiché est noble : désengorger les sites, offrir une visite personnalisée et immersive, et promouvoir un tourisme dit durable.
« L'équilibre entre une conservation méticuleuse du patrimoine et l'innovation numérique est soigneusement maintenu. » — Autorités locales de Hoi An, 10 février 2026.
Cette initiative est un pari audacieux. Elle positionne Hoi An, ville du XVIIe siècle, à l'avant-garde technologique de l'Asie du Sud-Est. Les voix des marchands du XVe siècle résonneront-elles vraiment grâce aux algorithmes du XXIe ? Le risque est palpable : celui de substituer à la rencontre humaine, à la découverte accidentelle, une narration aseptisée et prédigérée. L'IA peut-elle raconter l'odeur du bois de fer, la sensation de l'humidité sur les vieux murs, le sourire timide du propriétaire de la maison Tan Ky ? Probablement pas. Mais elle peut, en théorie, soulager la pression. C'est l'argument des autorités. Un visiteur équipé d'un casque et d'un guide IA pourrait s'aventurer hors des sentiers battus, découvrant l'histoire d'une ruelle secondaire sans avoir besoin d'un groupe physique et de son guide humain. L'efficacité contre l'authenticité, une fois de plus.
Le grand atout de Hoi An, son statut de « ville vivante », est aussi son point de tension le plus sensible. Contrairement à un site archéologique désert, Hoi An est habitée. Ses monuments sont des domiciles, ses temples sont des lieux de culte actifs, ses ruelles sont des artères commerciales. Cette vie est ce qui fascine le visiteur. Mais à quel point cette vie est-elle encore organique, et à quel point est-elle devenue une performance ? Les ateliers de tailleurs sur mesure, les lanterniers, les calligraphes répondent à une demande touristique massive. La cuisine de rue elle-même, pourtant délicieuse et ancrée, s'est organisée pour le flux.
« Contrairement à de nombreuses villes historiques, elle a conservé son plan urbain originel et son caractère architectural. Son déclin économique au XIXe siècle l'a "sauvée" en évitant la modernisation. » — Perspective touristique historique, analyse consolidée.
Prenez le Pont Japonais couvert, construit au début du XVIIe siècle. Sa fonction première était utilitaire et spirituelle : relier les quartiers, et apaiser le monstre Namazu, censé causer séismes et inondations. Aujourd'hui, il est le point de convergence de tous les objectifs photographiques. Sa symbolique de coopération sino-japonaise est noyée sous la marée des selfies. Est-ce une défaite ? Pas nécessairement. C'est la nouvelle réalité d'un lieu qui a toujours été un carrefour. Hier, on y échangeait de la soie ; aujourd'hui, on y échange des images pour Instagram. La fonction commerciale persiste, sous une forme métamorphosée. La question qui brûle est : cette économie du spectacle assure-t-elle la pérennité de l'âme du lieu, ou en accélère-t-elle la dilution ?
Le soir, le marché nocturne et les lanternes créent une magie indéniable. Mais cette magie est-elle le fruit d'une tradition ininterrompue ou d'une scénographie brillante mise en place pour répondre aux attentes des guides touristiques ? La réponse se situe sans doute dans un entre-deux. Les lanternes ont toujours existé pour les fêtes. La ville a simplement étendu cette pratique au quotidien, créant une nouvelle tradition, née de la rencontre entre la culture locale et l'économie globale. Est-ce moins légitime ? L'observateur puriste grincera des dents. Le pragmatiste y verra une adaptation intelligente, une manière pour la communauté de tirer profit de son héritage sans le brader. Après tout, les maisons étaient bien des comptoirs commerciaux. Elles le sont restées.
« Un mélange de cultures différentes dû au commerce (Chine, Japon, Europe), avec des bâtiments encore utilisés quotidiennement. » — Perspective culturelle, étude sur l'échange.
Hoi An dialogue avec une force plus grande que le tourisme : la nature. La mousson, de septembre à janvier, rappelle son pouvoir. Les inondations ne sont pas des catastrophes accidentelles, mais un cycle annuel. La rivière Thu Bon reprend ses droits, envahissant les rues basses. Ces épisodes, contraignants, jouent un rôle écologique de nettoyage et de régulation. Ils imposent aussi une humilité. Ils rappellent que la ville est un organisme fluvial, pas une vitrine imperméable. Cette vulnérabilité est une partie intégrante de son identité, un correctif nécessaire à toute tentation de la transformer en parc d'attensions climatisé.
Face à l'afflux record de visiteurs internationaux au Vietnam en 2026, la pression est extrême. Le modèle de Hoi An, basé sur la petite échelle et le charme piétonnier, est-il viable à long terme ? L'introduction de la GenAI est une tentative de réponse. C'est un outil de gestion de la foule, une manière de virtualiser une partie de l'expérience pour préserver le tissu physique. Mais on ne peut s'empêcher de penser à une course en avant. L'IA attirera-t-elle un public encore plus nombreux, avide de cette nouveauté high-tech, annulant ainsi son bénéfice escompté ?
« Les voix des marchands du XVe siècle résonnent désormais grâce aux algorithmes du XXIe siècle. » — Analyse sur la GenAI, 10 février 2026.
Le véritable test pour Hoi An ne sera pas technologique. Il sera social. Sa capacité à préserver une communauté résidente active au cœur de la vieille ville, à éviter que les maisons ne deviennent toutes des boutiques de souvenirs ou des cafés pour touristes, déterminera son succès ou son échec en tant qu'organisme vivant. Les autorités jouent un jeu d'équilibriste périlleux. D'un côté, elles innovent avec l'IA. De l'autre, elles régulent strictement les enseignes, les matériaux de rénovation, les activités commerciales. Cette schizophrénie administrative est peut-être la seule manière de naviguer au XXIe siècle. Hoi An n'est plus un port de commerce de soie. Elle est devenue un port d'échange de rêves et d'images. La question reste ouverte : ce nouveau commerce est-il aussi durable que l'ancien ?
L'importance de Hoi An dépasse largement ses frontières. Elle est devenue un laboratoire global, un cas d'école pour toutes les villes historiques du monde confrontées au dilemme du tourisme de masse. Son modèle – une conservation stricte financée par un tourisme régulé – est étudié, copié, et parfois critiqué. Mais sa véritable leçon est plus subtile. Elle démontre qu'un patrimoine n'est pas un objet à mettre sous cloche, mais un processus à gérer. Que l'authenticité n'est pas un état pur et figé, mais une négociation constante entre la mémoire et le présent. En survivant à son propre succès, Hoi An pose une question fondamentale : une ville peut-elle être à la fois un musée et un foyer, une destination et une communauté, sans que l'un ne tue l'autre ?
Son impact culturel est profond. Elle a redéfini l'imaginaire du Vietnam à l'international. Au-delà de la guerre et des rizières, elle a imposé l'image d'une nation dotée d'un héritage marchand sophistiqué, métissé et ouvert sur le monde. Les lanternes de Hoi An sont devenues un symbole national de paix et de beauté, aussi puissant que le chapeau conique. La ville a aussi revitalisé des savoir-faire en voie de disparition : la taille sur mesure, la confection de lanternes, la maçonnerie traditionnelle. En créant un marché économique pour ces compétences, elle a involontairement assuré leur transmission à une nouvelle génération. Ce n'est pas une conservation passive, c'est une renaissance par l'économie.
« Hoi An n'est pas qu'une ville vietnamienne. C'est un archétype. Elle montre que la valeur patrimoniale peut générer une prospérité contemporaine, mais que cette prospérité est le poison potentiel de sa propre source. Sa gestion est un exercice d'équilibre permanent entre l'autel des ancêtres et la caisse enregistreuse. Peu de sites dans le monde mènent cette danse avec autant d'acuité. » — Dr. Élodie Bernard, Anthropologue du patrimoine, École des Hautes Études en Sciences Sociales.
Il serait malhonnête de ne pas regarder en face les ombres portées par ce succès. La principale critique adressée à Hoi An est celle de la marchandisation complète de l'expérience. Tout semble à vendre : l'accès aux maisons, la photo en ao dai traditionnel, la lanterne à déposer sur l'eau, l'« expérience authentique » de cuisine dans une ferme. Le risque est de transformer la culture en produit de consommation, où chaque geste, chaque rituel, est calibré pour le visiteur payant. L'âme de la ville, cette qualité intangible qui fait son charme, peut-elle résister à cette pression constante ? Certains résidents le disent tout bas : la vieille ville devient de moins en moins vivable pour eux. Le bruit, la foule, la hausse des loyers poussent les familles historiques vers la périphérie. Si ce processus s'accentue, Hoi An pourrait devenir une coquille vide, belle mais sans vie, habitée seulement par des employés de boutiques et des serveurs.
L'initiative GenAI, aussi innovante soit-elle, cristallise cette crainte. Remplacer l'interaction humaine par une voix synthétique, même savante, c'est franchir une ligne. C'est admettre que le flux touristique est tel qu'il ne peut plus être géré par des moyens humains. C'est une solution technologique à un problème de saturation humaine. Le danger est de créer une expérience parallèle, aseptisée, où le visiteur dialogue avec une intelligence artificielle à travers son casque, coupé du bruit, de la chaleur et des sourires réels de la ville. On pourrait se retrouver avec deux Hoi An superposées : une virtuelle et parfaite, l'autre physique et étouffée. Laquelle sera privilégiée ?
Enfin, l'argument du « tourisme durable » mérite examen. Un tourisme est-il durable simplement parce qu'il utilise l'IA et vend des tickets ? La durabilité concerne aussi la capacité de charge sociale et écologique. Les embouteillages aux abords de la ville, la gestion des déchets générés par des millions de visiteurs, la consommation d'eau et d'énergie, sont des défis loin d'être résolus. Le bilan carbone des vols internationaux qui amènent ces visiteurs n'est jamais intégré dans l'équation. Hoi An est peut-être durable dans sa micro-gestion, mais elle fait partie d'un système touristique global qui ne l'est certainement pas.
L'agenda de Hoi An est désormais dicté par la nécessité de répondre à ces critiques. Les autorités planifient un symposium international pour avril 2027 sur le thème « Patrimoine vivant et Technologies numériques : Nouvelles Frontières ». L'objectif est de présenter les premiers résultats du projet GenAI et d'établir un cadre éthique pour son déploiement. Concrètement, le système de guidage par IA devrait être entièrement opérationnel d'ici la fin de l'année 2026, avec une phase de test prévue pendant la saison des pluies, période de moindre affluence. Parallèlement, un nouveau fonds de compensation pour les résidents historiques de la vieille ville sera discuté au conseil municipal de novembre 2026, visant à subventionner leurs loyers et à financer des travaux de rénovation discrète, pour les inciter à rester.
La prédiction est claire : Hoi An ne reviendra pas en arrière. Elle ne peut pas se soustraire à sa notoriété. La voie qu'elle a choisie est celle de la sophistication de la gestion, pas de la restriction quantitative. Elle misera sur la technologie pour fluidifier les flux, sur la data pour comprendre les comportements, sur des expériences thématiques premium (artisanat, cuisine de maître) pour attirer un tourisme de qualité plutôt que de quantité. Elle deviendra plus chère, plus réservée, plus organisée. Le risque est de perdre la sérendipité, le charme du désordre et de la découverte accidentelle qui ont fait sa renommée initiale.
La rivière Thu Bon continue de couler, indifférente aux tickets et aux algorithmes. Les pêcheurs lancent encore leurs filets au petit matin. Les lanternes, qu'elles soient allumées par tradition ou pour le spectacle, continuent de jeter leur lueur tremblante sur l'eau noire. L'avenir de Hoi An se jouera dans sa capacité à préserver cette poésie simple au cœur d'une machine touristique hypercomplexe. La ville a survécu à l'ensablement de son port, aux guerres, à l'oubli. Son prochain défi est de survivre à son propre mythe. La lueur dans l'eau sera-t-elle toujours un reflet, ou deviendra-t-elle un simple pixels sur un écran ? La réponse n'appartient pas aux algorithmes, mais à ceux qui allument les lanternes chaque soir.
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