Boards tagged with: private equity

1 boards found

Clear filter

OneStream et le pari du privé : 6,4 milliards pour dominer la finance IA



Le 6 janvier 2026, les marchés financiers n’ont pas encore digéré leurs galettes. À Birmingham, Michigan, le conseil d’administration d’OneStream, lui, avalait une offre définitive. Une proposition en numéraire, pure et simple, de 6,4 milliards de dollars. L’acheteur ? Le fonds londonien Hg. La conséquence ? Le leader du logiciel cloud pour la direction financière, à peine dix-huit mois après son introduction fracassante au Nasdaq, allait disparaître de la cote. Pourquoi une telle volte-face ? Pourquoi ce retour précipité dans le giron du privé avec une telle prime offerte aux actionnaires ? La réponse tient en deux lettres, martelées dans tous les communiqués : IA. Cette transaction n’est pas une simple transaction financière. C’est un coup de poker stratégique, un pari colossal sur l’avenir de la fonction financière, et le signe avant-coureur d’une guerre de plateformes où seuls les mieux capitalisés survivront.



Un adieu rapide à Wall Street



L’histoire récente d’OneStream est un roman à rebondissements. En 2019, le fonds KKR entre au capital avec une valorisation d’environ un milliard de dollars. Cinq ans plus tard, en juillet 2024, la société fait son entrée en Bourse à 20 dollars l’action, pour une valorisation de 4,6 milliards. Un succès. Mais la vie publique est courte, exigeante, impitoyable. Le cours de l’action fluctue au gré des attentes trimestrielles, des multiples sectoriels et des doutes des investisseurs sur la rentabilité réelle des investissements en intelligence artificielle. Le management, mené par le vétéran Tom Shea, regarde l’horizon. Ils voient une fenêtre de tir critique, une période de 24 à 36 mois où les gagnants et les perdants de l’IA appliquée à la finance vont se dessiner. Ils estiment ne pas pouvoir courir ce sprint avec des chaînes aux chevilles. Celles du reporting trimestriel.



L’offre de Hg arrive comme une libération. 24 dollars par titre. Une prime de 31% sur le cours de clôture du 5 janvier, et d’environ 27% sur la moyenne des 30 derniers jours. Pour KKR, actionnaire majoritaire, l’affaire est entendue. Le conseil vote à l’unanimité. Aucun vote des autres actionnaires n’est même nécessaire. La clôture est prévue pour le premier semestre 2026. OneStream redeviendra une société privée. Tom Shea et ses 1 600 collaborateurs restent aux commandes. Le siège de Birmingham demeure. Mais le cap change radicalement.



« L’environnement des marchés publics pose des questions légitimes sur le retour sur investissement de l’IA, et cela peut créer une pression à court terme », explique Tom Shea, le PDG d’OneStream. « En redevenant privés, avec un partenaire comme Hg qui partage notre vision à long terme, nous gagnons en agilité. Nous pouvons investir de manière encore plus agressive dans la R&D pour définir ce que sera l’IA pour les directeurs financiers. »


La machine Hg se met en marche



L’acquéreur, Hg, n’est pas un inconnu. C’est un géant du capital-investissement européen, spécialisé dans les logiciels B2B et les services aux entreprises. Son Saturn Fund devient l’actionnaire majoritaire, rejoint par des co-investisseurs de poids comme General Atlantic et Tidemark. Mais Hg n’achète pas seulement un chiffre d’affaires récurrent solide (un Annual Recurring Revenue d’environ 568 millions de dollars en 2024) et une clientèle prestigieuse de plus de 1 700 organisations, dont Carlyle, Nasdaq ou UPS. Il achète une ambition. Et il met sur la table des ressources colossales pour la concrétiser.



Le fonds ne se contente pas d’apporter des capitaux. Il promet un accès direct à sa « task-force » interne de plus de 100 experts en intelligence artificielle et à son incubateur technologique, Hg Catalyst. L’objectif est clair : transformer OneStream d’un éditeur de plateforme de performance d’entreprise (EPM) en une plateforme « AI-first » pour le bureau du directeur financier. La bataille ne se gagnera plus seulement sur la consolidation des comptes ou la planification budgétaire, mais sur l’automatisation intelligente de la clôture, la détection d’anomalies en temps réel, la simulation de scénarios économiques complexes en quelques clics.



« Cette transaction est un point d’inflexion pour tout le secteur de l’EPM et des logiciels financiers », analyse un analyste de Forrester cité dans le blog de la firme. « Elle envoie un signal fort : la prochaine phase de croissance sera pilotée par l’IA, et elle nécessitera des investissements massifs et patients. Les concurrents publics vont devoir réagir, sous la pression constante des marchés. »


Le multiple de transaction, estimé par InsideArbitrage à environ 11,2 fois le chiffre d’affaires, confirme que Hg paie le prix fort. Un prix justifié, selon eux, par la nature critique de la plateforme, la fidélité de sa clientèle et son potentiel de transformation. On est loin de la valorisation d’un milliard de 2019. La création de valeur, en sept ans, est spectaculaire. Mais le plus dur commence maintenant.



Car derrière les communiqués de presse triomphants et les primes généreuses aux actionnaires, une question cruciale se pose. Cette fuite précipitée hors des radars boursiers est-elle un signe de force visionnaire ou l’aveu d’une difficulté à convaincre le grand public de la valeur de sa propre stratégie ? Les premiers indicateurs commerciaux semblent robustes : les « AI bookings » d’OneStream auraient progressé de 60% en glissement annuel au troisième trimestre 2025. Mais cela suffira-t-il ? Le pari de Tom Shea et de Hg est total. Ils viennent de miser 6,4 milliards sur le fait que l’avenir de la finance se construira loin de l’agitation quotidienne de Wall Street, dans les laboratoires discrets du capital-investissement. La pression, désormais, n’est plus trimestrielle. Elle est existentielle. Ils doivent absolument inventer l’avenir qu’ils ont promis.

Le produit OneStream : Une plateforme unifiée face à la déferlante IA



Au cœur de cette frénésie d’acquisition, il y a le produit OneStream lui-même : une plateforme de gestion de la performance d’entreprise (EPM) qui s’est imposée comme une référence incontournable pour les directions financières. OneStream ne vend pas seulement un logiciel ; il propose une vision. Celle d’une fonction finance unifiée, débarrassée des feuilles de calcul morcelées et des systèmes hétérogènes. C’est une solution cloud en mode SaaS, capable de gérer la consolidation et le reporting statutaire (IFRS/US GAAP), la planification, la budgétisation, les prévisions, et même le reporting de gestion. Le tout, dans un modèle de données unique. Cette intégration est la clé de voûte de son succès, lui permettant de rivaliser avec des mastodontes comme Oracle, SAP et CCH Tagetik, selon le cabinet BARC.



L'architecture de OneStream, bien que non détaillée dans les communiqués de presse sur l'acquisition, est intrinsèquement liée à sa promesse d'unification. Elle repose sur un modèle de données centralisé, permettant aux directions financières de basculer sans heurts entre les exigences de conformité réglementaire et les impératifs de pilotage opérationnel. La Marketplace, ou Solution Exchange, enrichit cette proposition en permettant aux clients d'ajouter des solutions préconfigurées, du cash forecasting au people planning, offrant une flexibilité précieuse sans rompre l'unité de la plateforme. C'est cette capacité à être à la fois rigide sur le cadre et souple sur l'usage qui a séduit plus de 1 700 clients dans plus de 45 pays, dont des noms aussi prestigieux que The Carlyle Group ou UPS. Environ 18 % des entreprises du Fortune 500 utilisent OneStream, un chiffre qui en dit long sur la portée de son influence.



La promesse de l'IA : catalyseur ou alibi ?



La rhétorique autour de l'intelligence artificielle est omniprésente dans cette transaction, presque jusqu'à l'épuisement. Tom Shea, le PDG d'OneStream, la brandit comme la raison principale du retour au privé. Il affirme sans ambages que l'IA est la prochaine frontière, et que l'entreprise doit y aller sans entraves. Le 7 janvier 2026, il déclare dans le communiqué officiel :


« Grâce à ce partenariat, nous sommes en mesure de faire progresser de manière significative notre stratégie de mise sur le marché 'AI-first' et d'étendre nos capacités d'IA financière à un rythme rapide. Cette transaction apporte une valeur immédiate à nos actionnaires et est un vote de confiance dans notre stratégie, nos employés talentueux et notre écosystème de partenaires. Nous avons hâte de pouvoir agir plus vite, voir plus grand et en offrir davantage à nos clients financiers tournés vers l'avenir. » — Tom Shea, CEO de OneStream

Cette déclaration, bien que pleine d'optimisme, soulève une question fondamentale : l'IA est-elle un véritable moteur stratégique ou un argument marketing commode pour justifier une sortie de bourse rapide ? Certes, les bookings liés à l'IA ont augmenté d'environ 60 % en glissement annuel au T3 2024, un chiffre impressionnant qui atteste d'un intérêt réel des clients. Mais l'IA dans la finance, c'est vaste. Cela va de la prédiction des revenus à la détection d'anomalies, en passant par l'optimisation des scénarios. La capacité d'OneStream à transformer ces promesses en fonctionnalités concrètes et différenciantes est le véritable enjeu. Le marché a vu tant de promesses d'IA non tenues. Les financiers, pourtant, sont plus pragmatiques que les marketeurs.



Le soutien de Hg, avec sa "task-force" de plus de 100 spécialistes IA et son incubateur Hg Catalyst, est censé fournir le carburant nécessaire. Mais l'intégration de ces expertises externes dans une architecture logicielle existante est un défi complexe. Peut-on réellement "accélérer" l'innovation de cette manière, ou s'agit-il davantage d'une mise à niveau forcée, rendue nécessaire par l'évolution rapide du marché ? La "vitesse" évoquée par Shea est une obsession. Dans une interview accordée à Fortune le 9 janvier 2026, il souligne l'urgence :


« Nous sommes vraiment convaincus que, dans les 24 à 36 prochains mois, le monde de l'IA, en particulier dans la finance, va être défini, et il y aura des gagnants et des perdants émergents dans cet espace. » — Tom Shea, CEO de OneStream

Cette fenêtre de 24 à 36 mois est-elle une prophétie auto-réalisatrice ou une contrainte boursière déguisée ? Le marché public est connu pour son impatience et sa pression sur les résultats trimestriels. Les investissements massifs en R&D, surtout dans un domaine aussi incertain que l'IA, sont difficiles à justifier à court terme face à des actionnaires exigeants. Le retour au privé offre une respiration, une liberté d'expérimentation que Wall Street n'accorde plus guère aux entreprises de taille moyenne. Mais cela ne garantit en rien le succès. L'histoire est pleine d'entreprises qui ont investi massivement sans jamais trouver la bonne formule. OneStream doit faire mieux.



La valse des valorisations : du milliard à 6,4 milliards en sept ans



L'évolution de la valorisation d'OneStream est un cas d'étude fascinant des cycles du marché technologique et de l'appétit des fonds d'investissement. De l'entrée de KKR en 2019 avec une valorisation d'environ 1 milliard de dollars à l'acquisition par Hg pour 6,4 milliards de dollars en 2026, c'est une ascension fulgurante. L'introduction en bourse de juillet 2024, à 20 dollars par action et une valorisation de 4,6 milliards de dollars, avait déjà marqué un jalon significatif. KKR avait alors levé environ 490 millions de dollars. La prime de 31 % offerte par Hg sur le cours de clôture du 5 janvier 2026 est un aveu : le potentiel de croissance d'OneStream était sous-évalué par le marché public, ou du moins, le marché public n'était pas disposé à le financer à la hauteur de ses ambitions.



Un multiple élevé, mais une tendance à la normalisation



Le multiple de valorisation de cette transaction mérite une attention particulière. Hg paie environ 13 fois le chiffre d'affaires 2024 (489 millions de dollars), et entre 10 et 11 fois l'estimation des revenus de 2025. C'est un multiple élevé pour un éditeur de logiciels, même dans le secteur en forte croissance de la finance cloud. Cependant, l'analyste BARC tempère cette donnée en soulignant que ce multiple est "nettement inférieur" à celui payé pour Anaplan en 2022 (environ 17 fois les revenus). Cela suggère une normalisation des valorisations SaaS après la surchauffe post-pandémique. Les jours des valorisations astronomiques pour la seule promesse de croissance semblent révolus. Désormais, la croissance doit s'accompagner d'une feuille de route claire vers la rentabilité et l'innovation tangible.



L'Annual Recurring Revenue (ARR) de 568 millions de dollars en 2024, tel que mentionné par Fortune, est un indicateur clé de la solidité du modèle économique d'OneStream. Cet ARR, supérieur au chiffre d'affaires comptable publié (489 millions de dollars), témoigne de la forte composante récurrente de ses revenus, très appréciée par les investisseurs en capital-investissement. La croissance du chiffre d'affaires de OneStream, supérieure à 40 %, est bien au-dessus de la moyenne du marché CPM, même si elle s'est accompagnée d'une "perte significative", comme le note BARC. C'est précisément ce profil de croissance rapide mais déficitaire que les marchés publics ont du mal à arbitrer, surtout dans un environnement macroéconomique incertain. Le capital-investissement, lui, peut se permettre une vision à plus long terme, tolérant des pertes initiales si le potentiel de marché est jugé écrasant.



Tom Shea, dont l'optimisme est contagieux, voit dans ce passage au privé une opportunité de reprendre le contrôle de la trajectoire d'investissement. Le 9 janvier 2026, il confie à Fortune que la perspective à plus long terme de Hg aidera OneStream à se remettre « au volant pour contrôler la vitesse à laquelle nous pouvons investir dans l'IA », ajoutant que l'entreprise partage « un alignement fondamental, une confiance et une croyance dans la vision et l'opportunité. » Cet alignement est crucial. Sans une confiance mutuelle et une vision partagée, même le plus gros chèque ne peut garantir le succès. L'histoire montrera si cette alliance est un coup de maître ou un simple répit avant de nouvelles turbulences. Le marché des logiciels financiers, avec ses plus de 1 600 employés chez OneStream, est un théâtre où les drames et les triomphes se jouent à huis clos, loin des projecteurs de la bourse.

Une ère nouvelle pour le logiciel financier : Conséquences et lignes de faille



L'acquisition d'OneStream par Hg n'est pas un simple changement de propriétaire. C'est un événement sismique qui redéfinit les règles du jeu pour tout le secteur du logiciel financier. Cette opération de 6,4 milliards de dollars marque un point de non-retour dans la consolidation du marché de l'Enterprise Performance Management (EPM). Les analystes de Forrester, dans une analyse publiée peu après l'annonce, ont qualifié ce rachat de « moment pivot ». Leur diagnostic est sans appel : la pression va s'intensifier sur les concurrents directs – Oracle EPM, SAP Group Reporting, Anaplan, Workday Adaptive Planning – pour qu'ils accélèrent à leur tour leur virage vers des suites unifiées enrichies d'IA. Le modèle du « best-of-breed » (le meilleur outil pour chaque fonction) est désormais sur la défensive face à la puissance de feu des plateformes intégrées comme OneStream. La bataille pour moderniser le Office of the CFO entre dans une phase d'industrialisation, où la taille, les capitaux et la vitesse d'exécution deviennent des avantages décisifs.



« Cette transaction illustre la thèse du capital-investissement sur les plateformes critiques, à revenus récurrents élevés, et avec un fort potentiel d'accrochage par l'IA. Elle crée un nouvel étalon dans le segment, forçant tout le monde à réévaluer sa stratégie produit et son modèle de financement. » — Analyse, cabinet Forrester


Culturellement, cette opération signe aussi la fin d'une certaine innocence pour les éditeurs de logiciels financiers à croissance rapide. L'IPO n'est plus nécessairement l'aboutissement ultime, le graal à atteindre. Elle peut n'être qu'une étape, parfois brève, dans un parcours capitalistique plus long et plus complexe, oscillant entre public et privé. Le cas d'OneStream, retiré de la cote en moins de deux ans, établit un précédent. Il légitime la stratégie du « public-to-private » rapide comme une option viable, voire désirable, pour les entreprises qui estiment que les marchés publics sous-estiment leurs investissements stratégiques à long terme. Cette flexibilité nouvelle redéfinit la relation entre les fondateurs, les investisseurs et les marchés de capitaux. Le pouvoir semble glisser des mains des analystes de Wall Street vers celles des équipes d'investissement spécialisées de Londres ou de New York.



Les écueils du pari : une critique nécessaire



Malgré l'optimisme affiché, le pari de Hg et d'OneStream est semé d'embûches sérieuses. La première concerne l'intégration même de l'IA. Promettre une stratégie « AI-first » est une chose ; la délivrer de manière différenciante et fiable en est une autre. Le secteur est encombré de fonctionnalités labellisées IA qui ne sont que de simples automations ou des tableaux de bord embellis. Les directeurs financiers, clientèle cible d'OneStream, sont notoirement sceptiques et exigeants sur le retour sur investissement. Ils voudront des preuves concrètes que l'IA génère des insights actionnables, réduit les risques ou améliore la précision des prévisions, pas seulement qu'elle « accélère les processus ». La croissance de 60 % des bookings IA est encourageante, mais elle part d'une base inconnue. Est-ce le signe d'une adoption massive ou d'un intérêt expérimental de quelques early adopters ?



Ensuite, le retour au privé comporte ses propres risques. L'absence de pression trimestrielle peut se transformer en un manque de discipline financière. Les investissements « agressifs » en R&D pourraient brûler des capitaux sans déboucher sur des innovations commercialisables. Le bouclier contre la volatilité des marchés est aussi une bulle d'isolement. OneStream perd la visibilité et le levier de notoriété que confère une cotation au Nasdaq. Et que se passera-t-il si la vision de Hg et celle du management divergent dans trois ans ? Le capital-investissement n'est pas connu pour sa patience infinie. L'horizon est plus long que celui de la bourse, mais il existe bel et bien. La sortie ultérieure d'OneStream, probablement via une nouvelle IPO ou une vente à un géant stratégique, planera comme une ombre sur toutes les décisions. La course contre la montre des 24 à 36 mois évoquée par Tom Shea pourrait créer une pression interne tout aussi néfaste que celle des marchés.



Enfin, il y a le risque de dilution culturelle. OneStream a bâti son succès sur une identité forte et une relation étroite avec ses partenaires et clients. L'arrivée d'un nouveau propriétaire majoritaire, avec ses propres processus et sa task-force externe, pourrait perturber cette alchimie. L'intégration des experts IA de Hg doit se faire en harmonie avec les équipes existantes, sous peine de créer des silos et des tensions contre-productives. La promesse de « bouger plus vite » ne doit pas se faire au détriment de la qualité et de la cohérence du produit qui a fait la réputation de l'entreprise.



La clôture de l'opération, prévue pour le premier semestre 2026, sera le véritable point de départ de cette aventure. D'ici là, l'équipe de Birmingham, Michigan, devra préparer le terrain tout en gérant les attentes démesurées. Les concurrents, eux, ne resteront pas inactifs. Oracle, SAP et Workday disposent de ressources colossales et accélèrent aussi leurs propres développements en IA. La fenêtre d'opportunité dont parle Tom Shea pourrait se refermer plus vite que prévu si l'exécution n'est pas parfaite.



Le paysage des logiciels financiers en sortira transformé, quel que soit le résultat. Soit OneStream, dopée par les capitaux et l'expertise de Hg, deviendra le leader incontesté de la finance intelligente, validant le modèle du rachat par le private equity pour accélérer l'innovation de rupture. Soit elle deviendra un cas d'école des limites de cette approche : une entreprise ayant sacrifié sa visibilité publique pour une course à l'IA qui n'aura pas tenu toutes ses promesses. Entre ces deux scénarios, il n'y a guère de place pour la médiocrité. La transaction du 7 janvier 2026 a placé OneStream sous les projecteurs les plus cruels, ceux qui éclairent non pas une performance trimestrielle, mais la substance même de sa vision. La question qui demeure, alors que les équipes s'activent dans le Michigan et à Londres, n'est pas de savoir s'ils peuvent investir, mais s'ils peuvent inventer.