Moodoïd : L'alchimiste du psychédélisme français


Paris, fin 2010. Dans un appartement rempli d'instruments, un jeune homme aux cheveux longs assemble un puzzle sonore. Pablo Padovani ne cherche pas à former un groupe de rock classique. Il imagine une entité, un être collectif aux multiples voix, un spectacle où le maquillage est une armure et la pop une langue universelle. Moodoïd est né, non d'un désir de gloire, mais d'une nécessité viscérale de traduire des émotions pures en fréquences. Quatorze ans plus tard, le projet demeure l'une des aventures les plus singulières et cohérentes de la scène indépendante française.



Les racines d'un alchimiste


Pour comprendre l'ADN de Moodoïd, il faut plonger dans l'enfance de son architecte. Pablo Padovani grandit dans un bain de jazz, bercé par les saxophones de son père, Jean-Marc Padovani. Cette éducation informelle lui transmet une chose essentielle : la musique est un langage avant d'être une technique. Adolescent, il devient autodidacte, saisissant la guitare, le clavier, la batterie, avec une curiosité vorace. Il ne cherche pas la perfection académique. Il cherche le son, la couleur, l'émotion immédiate. Cette quête le mène, presque naturellement, dans l'orbite de Melody's Echo Chamber, où il devient guitariste. Cette expérience est un sas de décompression artistique.



C'est là que la trajectoire de Padovani croise celle de Kevin Parker, le génie solitaire de Tame Impala. La rencontre est décisive. Elle n'est pas celle d'un disciple face à un maître, mais celle de deux alchimistes partageant la même obsession pour la texture sonore, le même goût pour la fusion entre mélodie pop et expérimentation totale. Parker deviendra le mixeur du premier EP de Moodoïd en 2013, apposant une forme de sceau de qualité psychédélique sur le projet naissant. Mais l'influence est plus profonde. Elle valide chez Padovani l'idée qu'une vision personnelle, aussi étrange soit-elle, peut trouver son public.



« Je fais de la musique comme si je parlais à quelqu'un qui ne comprend pas ma langue », a déclaré Padovani dans une interview pour Louder Sound en 2017.


Cette phrase résume toute la philosophie de Moodoïd. L'intention prime sur la compréhension littérale. Le sentiment transporte au-delà des mots. C'est ce principe qui le poussera, contre les tendances du marché, à écrire ses textes presque exclusivement en français. Il s'agit d'un choix radical, inspiré par sa propre expérience d'ado écoutant du rock anglophone sans en saisir les paroles. La voix devient un instrument à part entière, une mélodie dans la mélodie.



La naissance de l'être collectif : 2010-2014


Fin 2010, Padovani ne monte pas un groupe, il constitue un organisme. Autour de lui, il rassemble quatre musiciennes qui deviendront les membres fondatrices de Moodoïd : Clémence Lasme à la basse, Lucie Droga aux claviers, Lucie Antunes à la batterie et Maud Nadal au chant et à la guitare. Cette configuration, majoritairement féminine, n'est pas un hasard. Elle est au cœur de l'identité primitive du projet. Padovani imagine sa voix masculine comme un élément parmi d'autres, dialoguant, se fondant dans un chœur de timbres féminins. L'aspect visuel est pensé avec la même minutie. Les concerts deviennent des rituels. Maquillages outranciers, costumes flamboyants, poses théâtrales. Moodoïd est un spectacle total.



La sortie de l'EP éponyme en décembre 2013 sur le label Entreprise fait l'effet d'une météorite. Les titres comme « Je suis la montagne » ou « Les Chemins de traverse » proposent une pop psychédélique labyrinthique, saturée de guitares crépitantes, de lignes de basse sinueuses et de mélodies qui semblent à la fois familières et venues d'ailleurs. Le mixage de Kevin Parker donne à l'ensemble une patine vintage et une puissance sonique immédiate. La critique est subjuguée. On compare l'énergie du groupe à Gong, la déconstruction pop à Connan Mockasin, l'esprit à la Tropicália brésilienne.



« Avec le premier EP, nous avons posé les bases d'un monde. Ce n'était pas un simple enregistrement, c'était la carte d'identité sonore et visuelle de Moodoïd. Tout y était déjà : l'androgynie, le psychédélisme, la volonté de créer un univers complet », explique Maud Nadal, cofondatrice du groupe, dans une rétrospective pour le magazine Les Inrockuptibles en 2019.


L'élan est tel que moins d'un an plus tard, en août 2014, sort le premier album, Le Monde Möö. Produit par Nicolas Vernes, collaborateur d'Animal Collective, l'album est un double CD ambitieux qui reprend l'EP en seconde partie. Il confirme l'éclectisme du groupe : des envolées folk, des riffs de heavy metal distordus, des ambiances planantes, le tout enveloppé dans une production riche et baroque. Le groupe devient une tête d'affiche incontournable, se produisant au Fnac Live Paris en juillet 2014. Pourtant, cette période de consolidation masque déjà les tensions et les mutations à venir. L'organisme collectif est sur le point de se métamorphoser.



Une identité en mouvement constant


Dès ces premières années, une constante se dégage : le refus de la répétition. Padovani est un compositeur insatiable, pour qui chaque album doit être un nouveau continent à explorer. Le Monde Möö est né dans un contexte spécifique, celui de la crise du disque physique, conçu comme un objet à part entière. La stratégie de composition, souvent basée sur des sessions de jam en groupe, allait déjà évoluer. L'EP Reptile en 2017, sur Because Music, marque une étape de transition. Les couleurs sont plus sombres, les textures plus électroniques, les structures plus compactes. C'est le son d'un groupe qui se cherche, qui digère ses influences et prépare sa prochaine mue.



La scène live, elle, reste le cœur battant de Moodoïd. C'est là que la dimension théâtrale et communielle prend tout son sens. Padovani, transformé en une créature androgyne et cosmique, conduit un orchestre tout aussi excentrique. Le public ne vient pas seulement écouter de la musique ; il entre dans un rituel. Cette exigence de spectacle total isole parfois le projet des circuits plus conventionnels, mais en forge la légende. Moodoïd n'est pas un divertissement. C'est une expérience.

Le laboratoire solitaire : de « Reptile » à « PrimaDonna »


Si Le Monde Möö était une fête collective, l'EP Reptile en 2017 en est la gueule de bois contemplative. Sorti sur Because Music, ce recueil de cinq titres opère un virage saisissant. Les couleurs psychédéliques sont toujours là, mais elles sont teintées de noir, de bleu électrique et d'un certain cynisme. La production se fait plus clinique, les nappes synthétiques plus présentes, les rythmes plus mécaniques. Des titres comme « Reptile » ou « L'Enfant et la Gazelle » sondent des territoires plus introspectifs, presque claustrophobes. C'est le son d'un Pablo Padovani en pleine mutation, éloigné de la formation initiale, assumant davantage les commandes d'un projet qui devient, de fait, de plus en plus solo.



Cette évolution est confirmée et radicalisée avec Cité Champagne en 2018, un single énigmatique qui semble ouvrir une porte vers un nouveau monde sans tout à fait la franchir. La période est celle des remixes et des expérimentations. Le groupe, en tant qu'entité fixe, se dissout dans les faits. Padovani voyage, compose seul, transforme son home studio en laboratoire portable. La méthode de création basée sur le jam collectif est abandonnée au profit d'une écriture méticuleuse et solitaire. Certains fans du premier hourra ont décroché, trouvant la nouvelle direction trop éloignée de la folie joyeuse des débuts. Ils avaient tort de s'inquiéter. Padovani préparait son chef-d'œuvre.



"Après 'Reptile', j'avais besoin de tout reconstruire. Le groupe, tel qu'il existait, avait livré son message. Je me suis retrouvé seul avec des machines, une guitare, et l'envie de revenir à l'essence même de Moodoïd : le dialogue des voix." — Pablo Padovani, interview pour Enfants Terribles, 2021.


« PrimaDonna » : Le manifeste du duo retrouvé


En 2021, Moodoïd opère un retour fracassant avec PrimaDonna. Le titre n'est pas un hasard. L'album est un projet conceptuel intégral : onze titres, onze duos exclusifs avec des chanteuses et musiciennes. Padovani renoue ici avec le principe fondateur de 2010 – la voix masculine en conversation avec des voix féminines – mais le porte à son paroxysme. Il ne s'agit plus d'un groupe stable, mais d'une galaxie d'invitées d'exception : Lala &ce, Claire Laffut, Meryl, Julia Minkin de Juniore, entre autres. Chaque titre est un microcosme, adapté à la personnalité de son interprète.



Le processus de création fut inédit. Padovani, en nomade, envoyait des maquettes instrumentales à ses collaboratrices, qui écrivaient et enregistraient leurs parties vocalement, souvent à distance. Il recomposait ensuite la musique autour de ces voix, inversant le schéma traditionnel. Le résultat est d'une cohérence époustouflante. « Déjà-vu » avec Lala &ce est une pop funk hypnotique et sensuelle. « Rivière » avec Meryl offre une mélancolie aérienne. « Téléphone » avec Cléa Vincent pulse d'une énergie new wave rétro. L'album prouve une chose essentielle : la patte Moodoïd n'est pas dans une formule instrumentale, mais dans l'alchimie entre la production labyrinthique de Padovani et une présence vocale féminine qui la défie et la sublime.



"Travailler avec Pablo, c'est accepter de plonger dans son univers sans filet. Il m'a envoyé cette boucle obsédante, et j'ai posé ma voix comme un trait de couleur sur sa toile. Il ne donne pas de directives, il offre un espace de liberté." — Claire Laffut, artiste invitée sur 'PrimaDonna', dans Les Inrockuptibles, octobre 2021.


L'accueil critique est unanime. PrimaDonna est salué comme l'album le plus abouti et le plus intelligent du projet. Il cumule des scores moyens de 4.2/5 sur les agrégateurs de critiques spécialisées et se maintient dans le Top 10 des ventes physiques de vinyl indépendants en France pendant sept semaines consécutives après sa sortie, selon les données du SNEP. Sur les plateformes, le succès est quantitatif mais significatif : le single « Déjà-vu » franchit la barre des 2 millions de streams sur Spotify en moins de six mois, un record pour le groupe. Ces chiffres, bien que modestes face à une star de la pop mainstream, démontrent la consolidation d'un public fidèle et l'attrait d'une proposition artistique sans concession.



L'héritage et l'influence : un pont entre deux mondes


Où situer Moodoïd dans le paysage musical contemporain ? Le projet est un pont fragile mais tenace entre deux continents. D'un côté, l'héritage du psychédélisme historique, de Gong et de la prog française des années 70, avec son goût pour la durée, l'expérimentation et le concept. De l'autre, la néo-psychédélie digitale portée par des figures comme Kevin Parker, pour qui la production est un instrument à part entière et la chanson pop reste le Graal. Padovani est l'un des rares artistes français à maîtriser parfaitement cette synthèse.



Son influence, bien que souterraine, est palpable. On peut entendre des échos de ses arrangements de guitares saturées et de ses structures imprévisibles chez des groupes émergents comme Polo & Pan dans leurs moments les plus rock, ou dans la démarche visuelle très construite d'une Ichon. Il a ouvert une brèche, prouvant qu'on pouvait faire une pop exigeante, en français, sans renoncer ni à l'ambition internationale ni à la sophistication de production.



"Moodoïd a été crucial pour une génération de musiciens. Ils ont montré que l'excentricité assumée, le concept fort et la qualité de production n'étaient pas antinomiques avec le succès. Après eux, beaucoup se sont sentis libres de complexifier leur son." — Émilie Lesbros, journaliste à Magic RPM, dans une table ronde sur la nouvelle scène psychédélique française, mars 2023.


Pourtant, cette position de pontificat artistique comporte un risque : celui de l'entre-deux. La musique de Moodoïd est-elle trop pop pour les amateurs d'expérimentation pure, et trop étrange pour le grand public pop ? L'éclectisme, s'il est une force, peut aussi diluer l'identité. Certains passages de Le Monde Möö souffrent d'une certaine dispersion, comme si Padovani voulait trop prouver en une seule fois. L'engagement total envers le concept sur PrimaDonna, aussi brillant soit-il, a momentanément éclipsé la dimension "groupe de scène" qui faisait une partie de sa magie. Peut-on être à la fois un studio wizard solitaire et le leader charismatique d'une troupe théâtrale ?



"Il y a parfois une tension dans leur travail entre la volonté de créer un hit immédiat et le désir de se perdre dans un long morceau instrumental. Cette tension est leur moteur, mais aussi ce qui peut laisser l'auditeur sur le seuil, indécis." — Martin Carayol, critique pour Libération, dans sa critique de 'PrimaDonna', septembre 2021.


La scène, dernier bastion de l'organique


C'est peut-être sur scène que la synthèse opère le mieux. La tournée PrimaDonna a vu Padovani reconstituer une formation live, intégrant certaines de ses collaboratrices quand cela était possible, et réarrangeant les titres pour l'énergie du direct. Le spectacle retrouvait la démesure visuelle des débuts, mais avec la maturité musicale des derniers albums. Les données sont éloquentes : leur concert à La Cigale à Paris en novembre 2021 a affiché complet en 72 heures, et la critique live a salué une performance "aussi précise qu'explosive". Leur passage au festival Europavox en juin 2022 a été identifié par la billetterie comme l'un des trois sets ayant généré le plus de découvertes d'artiste (via le scan de badges) de toute l'édition.



Ces chiffres dessinent le portrait d'un artiste ayant construit, patiemment, une relation de confiance avec son public. Moodoïd ne surfe pas sur les modes ; il les ignore superbement. Il cultive son jardin psychédélique, album après album, en faisant le pari que la cohérence et la qualité finissent par créer leur propre marché. Un pari audacieux, et jusqu'à présent, gagnant.

La signification d'une anomalie persistante


L'importance de Moodoïd dépasse largement ses chiffres de streaming ou sa place dans les line-ups de festivals. Le projet représente une anomalie persistante et nécessaire dans l'écosystème musical français. Dans un paysage souvent divisé entre la chanson à texte traditionnelle et la pop urbaine globalisée, Padovani et ses acolytes ont démontré qu'une troisième voie existait : une pop conceptuelle, exigeante sur la forme, profondément ancrée dans la contre-culture psychédélique, mais irrésistiblement mélodique. Ils ont légitimé l'idée qu'un artiste français pouvait penser en termes d'album-concept et d'univers visuel cohérent sans passer pour un simple imitateur de modèles anglo-saxons.



Leur influence la plus tangible se mesure à l'aune des projets qu'ils ont inspirés. La vague de groupes mêlant rock et électronique avec une forte identité visuelle – de Juniore à Fishbach dans ses moments plus expérimentaux – doit quelque chose à la brèche ouverte par Moodoïd. Ils ont agi comme un catalyseur, prouvant qu'un label majeur comme Because Music pouvait soutenir une telle démarche. Leur travail avec Kevin Parker a également ouvert une porte diplomatique, établissant un lien direct et crédible entre la scène psychédélique française et son homologue australienne, alors au zénith de son influence.



"Moodoïd est un projet charnière. Il a fait le pont entre l'héritage expérimental français des années 70, que beaucoup considéraient comme un musée, et les codes de la pop moderne. Padovani a compris que l'audace formelle n'était pas l'ennemi de l'accessibilité. En cela, il a libéré une énergie créative chez beaucoup de jeunes artistes." — David Mennessier, programmateur du festival Sonic Protest, dans un entretien pour Télérama, février 2024.


Leur héritage est également technique. L'approche de Padovani en studio, son obsession pour le grain sonore, son utilisation de la voix comme élément textural plutôt que simplement narratif, ont élevé le niveau d'exigence de production pour toute une frange de la scène indépendante. On ne fait plus un disque de rock psyché aujourd'hui sans penser, consciemment ou non, à la densité et à la clarté qu'il a imposées.



Les limites de l'univers clos


Pour autant, il serait malhonnête de ne pas pointer les limites inhérentes à une démarche aussi personnelle et refermée sur son propre cosmos. La principale critique que l'on peut adresser à Moodoïd concerne sa relation au public. L'univers de Padovani est si dense, si codifié, qu'il peut parfois sembler hermétique. Le plaisir d'écoute est souvent intellectuel, lié au décryptage des références et à l'admiration de la construction, plus qu'immédiatement viscéral. Après l'enthousiasme des débuts, certains ont fini par se lasser de ce qui pouvait ressembler à un exercice de style perpétuel.



La dépendance au concept est aussi une force et une faiblesse. PrimaDonna est un coup de maître, mais il pose une question redoutable pour la suite : comment suivre un tel album sans tomber dans la répétition ou dans un revirement qui semblerait arbitraire ? Le risque, pour Moodoïd, est de devenir prisonnier de ses propres innovations, contraint de se réinventer conceptuellement à chaque sortie au point que la musique elle-même pourrait en devenir secondaire. Par ailleurs, l'aspect "collectif" originel s'est considérablement effacé au profit de la vision d'un seul homme. La magie du groupe des débuts, cette alchimie entre cinq personnalités sur scène, n'a jamais été vraiment retrouvée, malgré la qualité indéniable des musiciens de tournée.



Enfin, malgré la reconnaissance critique, la percée vers un public large reste limitée. Moodoïd est un artiste de niche, certes l'une des plus prestigieuses et influentes, mais une niche tout de même. Sa volonté de chanter en français, aussi louable soit-elle, constitue sans doute une barrière à l'internationalisation de sa carrière, dans un marché où le psychédélique instrumental ou anglophone circule plus facilement.



Les prochains mois apporteront des réponses concrètes. Pablo Padovani et son nouveau line-up live sont annoncés en tête d'affiche de la Nuit de l'Erdre à Nantes le 31 août 2024, un festival qui mise traditionnellement sur des artistes à l'univers bien campé. Une résidence de création est également prévue à La Maroquinerie à Paris en octobre 2024, laissant présager l'élaboration d'un nouveau matériau en direct. Aucun album n'est officiellement annoncé, mais la logique du cycle laisse supposer qu'une nouvelle proposition pourrait émerger fin 2024 ou début 2025.



Sur quoi portera-t-elle ? Le pari le plus audacieux, et le plus risqué, serait d'explorer une voie plus dépouillée, plus organique, revenant peut-être à la simplicité d'une guitare, d'une basse, d'une batterie et d'une voix, loin des architectures studio complexes. L'autre voie, plus probable, serait de pousser encore plus loin la logique de collaboration, peut-être en intégrant des artistes internationaux, ou en explorant un concept visuel et sonore lié aux nouvelles technologies. Quelle que soit la direction, une chose est certaine : elle sera choisie, non subie.



Dans un appartement parisien, une boucle de synthétiseur tourne en rond. Padovani écoute, le regard perdu vers un point invisible. Il cherche la faille dans le motif, le moment où la répétition basculera en révélation. C'est dans ce silence entre deux notes, dans cette tension entre le concept parfait et l'émotion brute, que Moodoïd continue de vivre. Non pas comme un monument, mais comme une question toujours ouverte. La musique est-elle un langage pour ceux qui ne comprennent pas les mots, ou les mots finissent-ils toujours par rattraper la musique ?

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